La nouvelle est tombée comme une douche froide : Télétoon, chaîne appartenant à Corus Canada, ne proposera plus les versions québécoises doublées de trois séries cultes, soit Les Simpsons, Family Guy et American Dad. De plus, Disney+ Canada a confirmé qu’il ne financerait plus le doublage local de ces émissions phares.
Cette décision a provoqué une onde de choc au Québec. Une pétition intitulée « Sauvons le doublage québécois des Simpsons » a rapidement vu le jour sur Change.org et a déjà recueilli plus de 16 000 signatures. Des personnalités publiques, comme l’actrice Guylaine Tremblay, ont même invité la population à se mobiliser pour préserver cette tradition télévisuelle, rappelant que le doublage constitue aussi un revenu essentiel pour de nombreux comédiens d’ici.
Un héritage culturel inestimable
Depuis plus de 30 ans, le doublage québécois des Simpsons et d’autres grandes séries d’animation a marqué l’imaginaire collectif. Les voix de Béatrice Picard, Bernard Fortin, Johanne Léveillé ou encore Benoît Marleau font désormais partie du patrimoine culturel québécois.
Ces adaptations ne se limitaient pas à traduire les dialogues : elles intégraient l’humour, les expressions et les références propres au Québec, donnant aux personnages une identité locale forte et un ancrage dans la culture populaire.
Pourquoi le doublage québécois est essentiel
Un repère identitaire
En utilisant le parler québécois et ses particularités, ces doublages permettent aux spectateurs de se reconnaître et de s’approprier davantage les œuvres étrangères.Un gagne-pain pour les artistes
Derrière chaque épisode doublé se trouvent des comédiens, techniciens et studios québécois dont le travail contribue à la vitalité culturelle et économique du secteur.Une préférence du public
Pour de nombreux téléspectateurs, les versions québécoises sont tout simplement imbattables. Plusieurs internautes affirment ne pas pouvoir écouter Family Guy ou Les Simpsons autrement qu’avec les voix d’ici, tant elles sont devenues indissociables des personnages.
Une industrie déjà fragilisée
Cette annonce survient dans un contexte difficile pour le milieu du doublage québécois. En 2015, pour éviter que les studios ne disparaissent face à la concurrence étrangère, les comédiens avaient accepté une réduction de 25 % de leurs cachets. Malgré ce compromis, la production a continué de diminuer au fil des années, laissant les artistes dans une situation précaire.
Des comédiens comme Catherine Proulx-Lemay ou Thierry Dubé ont déjà tiré la sonnette d’alarme : le doublage québécois, malgré son importance culturelle, reste fragile et nécessite un soutien accru pour survivre.
Une perte culturelle majeure?
L’abandon du doublage québécois pour ces séries pourrait être perçu comme une perte bien plus grande qu’une simple question de traduction. Il s’agit de la disparition d’un pan entier de la culture télévisuelle du Québec, qui a su, au fil des décennies, faire rire, émouvoir et rassembler des générations de téléspectateurs.
La mobilisation populaire et artistique démontre toutefois que ce patrimoine a encore une valeur immense aux yeux des Québécois. Reste à voir si cette pression sera suffisante pour amener les diffuseurs et Disney+ à revoir leur décision.
Crédit photo : Anna Pou, Pexels
